Épine d’acier

Publié le 26 Mai 2011

 

  Auteur:

Mini- conte de Vũ Thanh Hoa  

VTH (4)

 

 

Note de l’auteur:

Ce conte a été primé au concours “Les meilleurs mini-contes” organisé par les hebdomadaires “Nouveau monde” et “Arts et lettres” à Hochiminh ville (Vietnam).      

 Sa version vietnamienne: http://vuthanhhoa.net/gai-thep.xml                                                         

 

                                                             

  Épine d’acier     

 

                                                                                     Traductrice: Nguyen Minh Nguyet (Lune)    

 

 

Nous nous sommes aimés quand nous etions étudiants. Sortie de l’université, suite à un petit malentendu je l’ai quitté et je me suis mariée. Le temps passe, je deviens femme. Ce matin, sur le chemin du marché, mon Honda a fait “ouf” comme un soupir. J’ai promené ma petite moto dans une maison sur la lisière de la route qui a cette plaque dehors “COLLAGE DES RUSTINES POUR HONDA ET VÉLO”. Une surprise pour moi: c’est sa maison. Une minute de trouble a été causée par cette rencontre. Il est toujours beau, mais plus vulgaire qu’à l’époque. Ses deux mains d’ingénieur dures par les travaux de réparation qui sentaient la substance de collage ont passé adroitement les ciseaux sur la chambre à air noire. Sa blouse de travail décolorée, déboutonnée, a dénudé une partie de son corps masculin séduisant... Le soir, assise à côté de mon mari, j’ai regardé “Le rêve rose”, j’ai laissé “Ah!” et lui ai dit: “Je dois aller chez mamie pour prendre plus de laines et je dormirai là-bas avec la petite Thoa”.  Ayant toujours son regard fixé sur l’écran, mon mari m’a dit:” N’oublie pas de mettre tes vêtements chauds. Rentre tôt demain matin pour me réveiller avant l’heure au travail”. Reboutonnant le pyjama de mon mari, je m’en suis allée comme une voleuse. Je me suis cachée derrière le gros tamarinier qui est près de la porte de sa maison en attente de sa sortie hasardeuse. La rue du marché était complètement déserte cette nuit. Un mec soûl a arrêté de façon désaxée son Honda, m’a projeté l’odeur d’acool: “Coucou ma belle !”. Et enfin, le moment où il sort est arrivé. J’avais l’impression qu’il percevait la caresse de mon regard, ses jambes frémissaient. Tremblant moi aussi, je l’ai suivi à pas de biche. J’avais envie d’appeler tendrement son prénom, mais je voulais aussi venir plus près de lui. Je me suis approchée de lui. Mon Dieu ! Mon corps est soudainement resté gelé: Il était en train de semer les clous sur la route ! Ceux-ci ressemblaient aux épines d’acier dressées pour percer le ciel  qui devenait complètement flou par le clair de la lune et de la lumière des ampoules.

                                                                                                                  12.6.1993                                                                                                                                                        

 

                                                             

Rédigé par lune

Publié dans #traduction

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lune 26/05/2011 18:40



Je suis d'accord avec toi. Je me rappelle encore d'une chanson russe qui dit comme ca:


"Aimer quand on est aime


Souffrir quand on a une soufrance"


Nous aurons la randonnee  ce dimanche comme "les Mimi". Bon voyage !


Bonsoir Mimi



Mimi de Bruges 26/05/2011 17:48



Merci Lune pour ce joli conte. Et oui il vaut mieux souvent ne pas regarder derrière, une chanson française dit qu'il vaut mieux avoir des remords que des regrets et c'est souvent vrai.


Passe une bonne soirée. A bientôt.