Legende millenaire

Publié le 31 Janvier 2010

 

       En 1010, le roi Ly décida de transferer son palais royal se trouvant à l’époque sur les Monts de Hoalu, Ninhbinh à Daila. La légende  transmit qu’il y avait un dragon qui s’envola du Fleuve Rouge vers le ciel juste au moment du débarquement du bateau royal. L’endroit du nouveau palais royal portait désormais le nom de Thanglong qui signifie le dragon s’envolant.

       Selon la pensée orientale, le dragon est un animal mythique, un symbole sacré et celui d’une force magique. Cette terre du dragon a certes traversé tant de feu brûlant, sang coulant, balles explosées, bombardements, difficultés, défis durant mille ans passés à travers les époques historiques sous les différents noms de Daila, Thanglong, Dongdo, Hanoï. On peut y constater des rues aux impasses les vestiges guerriers. Son histoire est donc liée  à des époques douloureuses, mais pleines de fierté, de victoires. Le mur de la citadelle d’Hanoï troué par les balles rappelle l’histoire douloureuse en 1873 émouvant les gens sur son mandarin qui choisit la mort au lieu de se rendre aux Français.

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Aujourd’hui, dans la rue Khamthien, il existe un monument commémoratif des Hanoïens bombardés dans « la bataille de Dienbienphu dans l’air » en 1972 contre les Américains. Les tombes des soldats restaient dispersées  encore au-dessous de la ville. On a à présent dans la rue de Hoang Dieu la tombe des soldats inconnus. Sur la Route de Dienbienphu se trouve le Musée de l’armée où les objets restant de deux guerres sont préservés. À son côté, c’est la Tour du Drapeau de Hanoï dont le sommet est couvert du drapeau rouge à l’étoile d’Or flottant. Sur le chemin où nous marchons aujourd’hui, il y avait partout du sang qui coulait, des cadavres, des blessés ainsi que des marches triomphales réjouissantes.

       Situé sur le bord d’un grand fleuve, Hanoï maintient les relations commerciales avec les départements du Nord et ceux du Centre. Cette ville préserve encore des caractéristiques d’une ville agricole. On peut voir les marchands de légumes frais, ceux de fleurs sur les nouvelles pistes, dans les centres urbains modernes. Il y a par-ci par- là des cris des marchands dans la nuit sur leurs vélos.

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Les 36 anciennes rues portant les noms d’anciens métiers telles que rue de la Soie, rue du Sucre, rue des Paniers, rue de l’argent, rue du forgeage, etc  sont maintenant protégées. Plusieurs nouveaux immeubles prélèvent plus ou moins du styler ancien de ce quartier. Les marchés de nuit réapparaissent récemment et on interdit la circulation des véhicules aux heures de marché en vue de laisser la traversée aux piétons. Au centre de la ville, il y a le lac de Hoankiem, un symbole lié à Hanoï. Les gens se souviennent encore de la légende de la Tortue d’Or qui prêta au roi Le son épée magique pour chasser les ennemies. Après la victoire, lors de la promenade en bateau du roi sur le lac, la Tortue d’Or flotta sur l’eau pour reprendre son épée. C’est pour cela, le lac a un autre nom du lac de l’épée restituée. Au milieu du lac, c’est la tour de la Tortue. On trouve actuellement une seule vieille tortue âgée des centaines d’ans qui flotte sur l’eau aux moments de grands événements de la ville. La route de la Jeunesse est entre les deux grands lacs. L’un est le lac de l’Ouest, l’autre est le lac de Trucbach. Ce sont les deux plus grands lacs de la ville dont le paysage est complètement beau et poétique. Celui-ci rend Hanoï plus romantique aux moments où les vents légers de l’automne plein de soleil y souffrent et quand les vents d’hiver y emportent le froid du Nord.

       Les temples et les pagodes font partie des vestiges sacrés de l’histoire. La pagode au pilier unique est également un symbole de Hanoï.

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Elle s’est construite en 1049 sous la dynastie du roi Ly Thai Tong. Elle prend la forme d’une statue du Bouddha Quan Am assise sur une fleur de lotus. Le pont de Thehuc en forme d’une courbe  qui lie la terre à l’ancien temple de Ngoc Son abrité par les longues racines d’un ancien ficus.

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Sur la presqu’île sur le lac de l’Ouest, c’est la saine pagode de Tran Quoc sous les arbres de laquelle les bruit de cloche en bois retentissent, l’odeur légère des encens brulés, des fleurs. Ce-ci fait couler beaucoup d’encre et du papier des poètes, des peintres hier et aujourd’hui. À proximité du lac de Trucbach, c’est la pagode de Quan Thanh pleine du parfum des encens brulés et de celui des ilangs-ilangs. Elle est souvent animée par ses nombreux visiteurs. Vanmieu étant la première université vietnamienne a la forme d’un temple où se trouve Khue Van Cac duquel les intellectuels récitaient et commentaient les poèmes avant. Actuellement, Vanmieu conserve encore les stèles en pierre sur lesquelles les noms des Trang Nguyen (des docteurs) de différentes époques historiques sont sculptés.

         Jusqu’aux années 1970, au moment du Tet,  on voyait les vieux lettrés qui dessinaient encore le caractère chinois sur les feuilles de papier de couleur larges exposées à vendre. On achetait ces sentences pour les coller sur le mûr chez soi. Il y a en effet ce proverbe : « La viande grasse, l’oignon salé et fermenté, les sentences rouges », ce qui ne pouvait pas manquer au Tet.

        Il reste encore les monuments d’architecture de l’époque de la domination française à Hanoï tels que l’Opéra, la Cathédrale Saint Joseph, le Palais du Tonkin, la Maison centrale où les Français enfermaient les prisonniers politiques, les rues où les fonctionnaires et les officiers français habitaient et travaillaient à l’époque. Beaucoup de touristes les fréquentent en vue de visiter les traces d’une époque passée pleine de souffrance, de difficultés et d’énormes gloires des Vietnamiens.

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          Hanoï  connaît beaucoup de modifications à travers les années surtout ces années récentes. Tant de nouvelles édifices se sont implantées. Un ensemble des hôtels à 5 étoiles se sont installés comme Sofitel-Métropole, Sofitel Plaza, Sheraton, Hilton, Deawoo, Baoson… Plusieurs centres urbains récemment édifiés apportent à Hanoï une nouvelle nuance. Cependant on peut y trouver les traits typiquement hanoïens qui ne sont pas confus avec d’autres endroits. Ce-ci attire les touristes étrangers quoique Hanoï d’aujourd’hui soit également victime de la pollution environnementale, de la construction illégale et des problèmes de trafic, des embouteillages, des accidents qui se passent quotidiennement.

       Hanoï du passé était connu avec les plats populaires à vendre des marchands  portant la charge avec leur palanche  dans les rues, les plats chinois ou les restaurants français. Les habitants qui vivaient autrefois à Hanoï quoi que leur domicile actuel qui soit à quel endroit dans le monde entier aux États –Unis, en France, en Allemagne, en Suisse gardent encore leur nostalgie d’un certain plat d’un marchand de rue, d’une auberge dans une ruelle hanoïenne, d’une vendeuse accueillante, chaleureuse ayant des sourires ravissantes aux lèvres.

       Aujourd’hui, il y a une rue de gastromonie où l’on vend des plats populaires et ceux de banquet. Si vous y venez en été, vous pouvez déguster du bun cha,  bun thang, bun rieu cua, bun bung, toute sorte de potage sucré comme celui aux grains de lotus, potage composé. L’automne hanoïen est juste la saison du jeune riz gluant. Du village de Vong, on y apporte des paquet verts de jeune riz emballés par les feuilles de lotus attachés par les tiges de riz gluant. Banh com, banh phu the, banh dau xanh, banh khao sont vendus dans quelques anciennes rues. En hiver hanoïen, il y a beignets de crevettes, beignets de porc, banh troi, banh chay. Vous pouvez notamment y trouver deux spécialités hanoïennes à n’importe quelle saison, ce sont nem et pho.

Hanoï a importé beaucoup de plats de toutes les régions du pays comme bun bo Hue, bun bo Nam Bo, my Quang…, des plats européens tels que bifteck, pizza, vin français, bière allemande, des plats asiatiques comme canard laqué Pékin, potage sucré thaïlandais, kim chi coréen…

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      Hanoï est la source d’inspirations des écrivains, des poètes, des peintres nationaux et internationaux. La collection des tableaux Rue de l’ex-peintre Bui Xuan Phai consiste en les toits de tuiles rouges couvertes de mousses vertes, les petits trottoirs, les bamadiers, les ficus, les coins des rues… , les tableaux de Hanoï sont rouges des fleurs de flamboyant et violets de lagestroemia… Les souvenirs passés de Hanoï des gens qui sont y sortis pour vivre ailleurs. Les nostalgies de l’hiver légèrement froid dans une auberge tiède pleine de musique de Trinh Cong Son sur l’humain, sur la vie …

          Hanoï témoignera en 2010 un grand évènement historique. Ce cera l’anniversaire millénaire de Thanglong- Hanoï solennellement célébrée le 10 octobre 2010. C’est également l’anniversaire de la libération de Hanoï de longues années de colonisation française, le jour où les marches triomphales des soldats ont retenti en pleine forêt de drapeaux, de fleurs, de cris de joie triomphale.

         La légende du dragon s’envolant a bientôt mille ans. Pour un Hanoï d’aujourd’hui que les Vietnamiens ont dû échangé contre leurs larmes, leur sang et leur courage. Pour les moments paisibles auxquels les jeunes filles portent leurs ao dai flottant et pédalent dans les rues, tant de familles ont passé leur douleur de perdre leurs gens les plus proches. La terre du dragon sacré d’autrefois pleine ravie s’attend aujourd’hui à des nouvelles légendes aux décennies qui viennent.      

 

 

 

Rédigé par Nguyen Minh Nguyet

Publié dans #poemes - recits

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